Par Aurélia Chossegros
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Le William Blake Archive est né de la volonté conjointe de trois universitaires spécialistes, et surtout passionnés, de l’œuvre de l’artiste anglais William Blake (1757-1827), tous trois professeurs d’Anglais, Morris Eaves [1] (Université de Rochester), Robert N. Essick (Université de Californie, Riverside) et Joseph Viscomi (Université de Caroline du Nord, Chapell Hill).
Leur collaboration au début des années 1990 lors de la réalisation de deux volumes de la nouvelle édition du Blake Trust les confronta aux limites de ce format éditorial imprimé dans le cas de William Blake, et plus particulièrement de son œuvre gravée. La connaissance de l’œuvre de Blake reposait alors sur des bases solides et la plupart de ses œuvres avaient donné lieu à des éditions critiques et à d’importants travaux historiographiques, une nouvelle étape pouvait donc être franchie, celle de la « révision » radicale, révision inimaginable dans le cadre du medium traditionnel qu’est l’ouvrage imprimé. Suite à une rencontre révélatrice avec Jerome J. McGann, éditeur du Rossetti Archive en 1992, naquit le projet d’un site permettant de donner accès à l’ensemble de l’œuvre de Blake, en fournissant des reproductions de grande qualité de ses créations ainsi qu’un certain nombre d’outils en facilitant l’étude. Cette archive hypermédia, à grande échelle, devait être consultable gratuitement, sur le World Wide Web. L’érudition électronique dans les Sciences Humaines n’en était alors qu’à ses balbutiements et les trois éditeurs, malgré leur intérêt pour les nouvelles technologies et les réalisations numériques dans le domaine des études romantiques n’avaient que des notions limitées dans le domaine technologique. C’est là qu’intervient le partenariat avec l’IATH(Institute for Advanced Technology in the Humanities), centre de recherche de l’Université de Virginie dont la mission est d’aider au développement et à la réalisation d’outils dans le domaine des technologies d’information pour la recherche en Sciences Humaines [2] et qui était déjà partenaire, entre autres, du Rossetti Archive. Si le projet est né dès 1992, ce n’est qu’en 1996 que la première version du site a été mise en ligne, après une longue période d’expérimentation et de tests, avec la reproduction de deux des premiers livres enluminés de Blake, le Livre de Thel et les Visions des filles d’Albion [3].
Un projet d’une telle ampleur et d’une telle ambition ne pouvait aboutir qu’avec la collaboration des institutions patrimoniales détentrices d’œuvres de l’artiste, et surtout l’apport financier d’un certain nombre de sponsors, que cela soit sous la forme de subventions de fondations comme pour le Grant Programm du Getty Museum de 1995 à 1998, puis du Paul Mellon Center for the Study of British Art de 1997 à 1998 et du National Endowment for the Humanities de 2000 à 2002 ; ou d’aides financières et technologiques comme celles de l’IATH, de la Bibliothèque du Congrès et de l’Université de Caroline du Nord, ou celles d’Enigma Corporation (anciennement Inso Corporation) et de Sun Microsystems [4] .
L’ampleur de cette réalisation et son caractère très novateur rend toute définition, ou qualification complexe. Le terme d’Archive lui-même peut s’avérer trompeur, ou du moins ambigu, pour les internautes francophones, et pourrait donner lieu à un article spécifique. Il est employé pour définir de nombreux autres projets dans le domaine de l’édition numérique et des Sciences Humaines, projets réunissant un certain nombres de ressources, textes, images, documents audio ou vidéo, et souvent consacrés à un artiste, un auteur ou une personnalité (Rossetti Archive, William Blake Archive, Thomas MacGreevy Archive, Walt Whitman Archive), un sujet (Canadian Pœtry Archive, Arapesh Grammar and Digital Language Archive, Historical Map Archive), une période historique (The Civil War Archive), etc. La définition d’un corpus de recherche, les livres enluminés de William Blake comme point de départ et l’œuvre complète de l’artiste comme objectif à long terme, et la volonté affirmée des éditeurs de créer des outils inédits permettant l’étude de ce corpus, place également l’Archive dans la grande famille des réalisations numériques dites corpus d’étude outillés dont les archives ne représente qu’une partie seulement. Les auteurs rappellent [5] leur parenté avec ce qu’il est convenu d’appeler des bases d’images, mais indiquent également qu’ils se placent dans la longue tradition de l’édition universitaire avec laquelle ils partagent le même souci du détail et la même démarche critique. Et c’est là que réside toute la complexité de cette Archive, qui se revendique comme un nouveau médium, en rupture avec l’approche traditionnelle de l’œuvre de Blake, tout en se réclamant de l’héritage des pratiques et approches de la recherche universitaire traditionnelle [6].
"Retrouver le Septième Ciel [7]" : redonner à l’image à sa place centrale dans l’œuvre de Blake.
Si le qualificatif de « base d’image » s’applique particulièrement bien à ce projet, c’est en raison de la place centrale qu’occupent les reproductions des œuvres de Blake dans la construction et la réalisation du site. La naissance de l’Archive coïncide en effet avec un tournant dans l’historiographie de l’artiste. Depuis le XIXe siècle, la dimension iconographique de l’œuvre de Blake avait eu tendance à être repoussée aux confins des études érudites, en raison de la place primordiale accordée à la poésie de Blake, considérée comme sa véritable réussite. Le texte était désormais au centre de toutes les attentions, et les images n’avaient plus qu’une valeur illustrative, quand elles n’étaient pas purement et simplement laissées de côté en raison de leur tendance à « parasiter » la lecture et la bonne compréhension des textes et de leur atteinte à la dignité du poète. C’est seulement à la fin des années 1960 que cet état de fait a commencé à être remis en question, et que le caractère indissociable du texte et de l’image, dans la démarche même de l’artiste, a été redécouvert. Dans les décennies suivantes, de nombreuses tentatives pour permettre une réconciliation entre le Blake poète romantique et le Blake artiste étrange et inclassable se sont souvent heurtées au caractère infranchissable des frontières disciplinaires et à la diversité irréconciliable des pratiques savantes. L’aspect pluridisciplinaire de cette œuvre en faisait un objet d’étude pour la critique littéraire et pour l’histoire de l’art. Or, jusque là, ces deux domaines avaient tendance à progresser de façon isolée, sans correspondre. Seule la révolution représentée par l’utilisation dans les Sciences Humaines du nouveau médium numérique pouvait aider à résoudre cette dichotomie. Et quel meilleur point de départ pour cette entreprise que « l’œuvre enluminée » de Blake, domaine d’étude pour les critiques littéraires et pour les historiens d’art. Cette dimension de son œuvre restait encore méconnue, reléguée à un rang subalterne dans la hiérarchie de ses réalisations, bien en-dessous de son activité de poète ou même de peintre. Le choix du point de départ de l’archive ne doit donc rien au hasard.
Le succès et l’innovation principale de l’Archive résident dans cette volonté de replacer l’image au centre de l’étude, en repoussant toute la glose critique, les ressources historiographiques et bibliographiques à leur place, autour de l’image. Le glissement opéré par l’Archive va même plus loin. Les documents manuscrits de la main de Blake ne sont plus seulement et uniquement envisagés pour leur dimension textuelle et informative, mais deviennent des ressources iconographiques à part entière, figurant dans la liste des œuvres de Blake, aux côtés des gravures, illustrations et peintures, et bénéficiant du même traitement lors de leur numérisation que les réalisations artistiques de Blake [8] . Le rapport texte / image a donc tendance à s’inverser.
L’accès la reproduction de l’image ou du texte n’est pas immédiate et nécessite un long cheminement. Afin d’éviter de se perdre dans les méandres des innombrables ressources offertes par le William Blake Archive, et surtout afin d’utiliser de façon optimale les outils mis à disposition, il est très vivement conseillé de commencer sa première visite sur le site par la rubrique A Tour of the William Blake Archive, qui offre une présentation très complète et très didactique des différentes rubriques du site, grâce notamment à de nombreux liens hypertextes et captures d’écran. Il est également important d’indiquer que le fonctionnement de l’archive nécessite la présence d’un certain nombre de pré-requis techniques [9] (comme la lecture des applets Java, la gestion des popups...). Une rubrique d’aide permet également de répondre de façon plus précise aux interrogations des utilisateurs qui se heurteraient à une difficulté spécifique, rubrique toujours affichable grâce à une icône spécifique, et particulièrement évocatrice, présente en bas de chaque page.
La structure de l’Archive est hiérarchique, partant du plus général pour arriver au plus spécifique, et permet d’aboutir à l’image ou au texte recherché à la fin d’un cheminement dans les menus : catégorie de l’œuvre (Livres enluminés, Illustrations pour des ouvrages, Gravures, Dessins et Peintures, Manuscrits et Ouvrages Typographiques, Documents apparentés), choix du titre de l’œuvre, choix de la copie, et enfin planche.
Une fois le titre de l’œuvre choisi, on est redirigé sur une page (Work Index) présentant une courte introduction à l’œuvre ; une liste des copies disponibles et de leur lieu de conservation en ce qui concerne les "ouvrages enluminés" et les autres ouvrages imprimés, ou une liste des ouvrages apparentés pour les autres œuvres. Sur la même page, un lien permet d’accéder directement aux ressources bibliographiques. Une fois la copie choisie, une nouvelle page permet de sélectionner "l’objet", c’est-à-dire, l’image de la planche, de la page ou de l’œuvre. Sur cette même page un premier lien, Copy Information, permet de retrouver l’exhaustivité des informations concernant la copie en question, caractéristiques (Titre, date, dimensions, couleurs, informations sur son état...), lieu de conservation et provenance. Le deuxième lien, Electronic Edition Information, renvoie à la somme des informations concernant la numérisation de la copie en question, les responsables de cette numérisation, ses caractéristiques techniques, ainsi que la liste des modifications apportées à l’édition en ligne de cette copie depuis sa première mise en ligne. Ce type d’informations, et surtout leur spécificité (pour chaque copie), est extrêmement rare et représente une source particulièrement précieuse pour l’utilisateur. J’y reviendrai plus tard.
Une fois le cheminement accompli, on arrive enfin au cœur de l’Archive, le double numérique de l’œuvre. Toutes les pages permettant de visualiser les œuvres de Blake, les Object View Pages, se présentent d’ailleurs de la même façon. L’image de la planche ou de l’œuvre est placée au centre de la page, et un certain nombre d’outils permettant de jouer sur sa visualisation (100%, Fit, Calibrate, Image Sizer, Inote) sont situés immédiatement en dessous. Chaque image de l’Archive est renseignée par des métadonnées textuelles. La fiche d’information de l’image (Image information record), combine ainsi les métadonnées techniques avec la documentation bibliographique de l’image et les informations concernant la provenance, le lieu de conservation actuel, et l’institution propriétaire de l’œuvre. Ce sont ces données que le bouton Info permet de visualiser, en faisant apparaître une nouvelle fenêtre. La précision de ces données est, une fois de plus, un atout capital pour tout utilisateur, dès lors que l’on se place dans la perspective de l’appropriation et de la réutilisation de l’image, les métadonnées étant liées à l’image et y restant attachées, même après que l’image a été copiée ou enregistrée sur un autre support, indépendant de l’Archive. Au dessus de l’image, le titre et les références de la copie restent bien évidemment toujours visibles. Sous la première série d’outils directement liés aux modes de visualisation de l’image, trois menus permettent de naviguer dans la base à partir de l’image de la planche. Le premier menu, Show Me, permet d’accéder à un agrandissement de l’image, à sa description et, quand cela est nécessaire, à la transcription du texte. Un deuxième menu situé totalement à droite, permet d’accéder directement aux étapes précédentes du cheminement, l’index des objets (liste des planches), l’index des copies (liste des copies de l’œuvre disponible) ou l’index de l’Archive (liste des œuvres de Blake disponibles). Enfin, le dernier menu, le plus novateur, permet de sélectionner directement une autre copie numérisée de l’œuvre, voire toutes les copies, et, en cliquant sur Compare, de visualiser différentes versions de la même planche sur la même page [10]. Cette possibilité de comparaison directe sur une même page, sans avoir à jouer avec le redimensionnement des fenêtres, apporte un confort inédit à l’utilisateur ; les nuances entre les différentes éditions apparaissent nettement.
L’opposition traditionnelle entre l’immatérialité numérique et la réalité physique du texte imprimé ou la fidélité des images analogiques a tendance à donner l’impression, complètement erronée, que l’édition numérique est en rupture totale avec la dimension matérielle de l’œuvre. On voit bien à travers le Blake Archive que cela n’est pas du tout le cas, bien au contraire, la structure donnée à l’Archive privilégiant une navigation horizontale, planche après planche, comme si on consultait l’œuvre originale. Cette navigation, page après page, est disponible pour les reproductions numériques des œuvres, mais également pour leur retranscription textuelle. De plus, l’ImageSizer, outil primordial pour les éditeurs, permet de toujours visualiser une image de l’œuvre, conforme aux dimensions physiques de la version originale. Enfin, lors de la numérisation des œuvres [11] , la fidélité aux couleurs originales de chaque reproduction a été vérifiée manuellement, à plusieurs reprises, par le photographe d’une part, mais également par l’éditeur responsable de cette tâche, Joseph Viscomi.
"A veritable laboratory of ongoing experiments" : la création de nouveaux outils.
Mais si cette navigation hiérarchisée est fortement privilégiée par le plan même de l’Archive, et vivement recommandée par les éditeurs, elle n’est pas pour autour la seule et unique façon d’explorer le site. En effet, ce parcours très balisé permet à l’utilisateur de ne pas se perdre, mais peut rendre la navigation dans l’Archive fastidieuse. A première vue, aucun menu complet permettant une navigation horizontale dans la base n’est visible. Cependant, dans la rubrique Works in the William Blake Archive, l’icône Navigator représentant un ciel étoilé (symbolique évidente liée à la navigation), permet de faire apparaître une fenêtre qui reprend le plan de cette rubrique et évite ainsi de systématiquement revenir à la page d’accueil pour recommencer une recherche. On a pu voir également que sur chaque page, tout au long du parcours, des liens (vers la bibliographie par exemple) ou des menus (les index) permettent de sauter des étapes et d’emprunter des chemins de traverse.
Pour les plus aguerris, il est également possible de taper une requête dans le moteur de recherche interne du site. Et c’est là qu’intervient l’une des véritables réussites de l’Archive, puisqu’il est possible de faire une requête textuelle mais également d’interroger les images. Toutes les données textuelles importantes de l’Archive, non seulement la poésie ou la prose de Blake, mais aussi les commentaires bibliographiques des éditeurs et les descriptions des images, sont encodés en utilisant le XML (eXtensible Markup Language). Tous les textes de l’Archive sont consultables en faisant une recherche par mots, par phrases, par combinaison de mots, et la consultation des images est simplifiée grâce aux notices exhaustives décrivant l’intégralité de chaque image. La recherche d’images par sujets donne lieu à la mise à diposition d’un vocabulaire descriptif extraordinairement développé et minutieux. Une liste de mots-clés se décompose en plusieurs grandes catégories, significatives au regard de l’œuvre de Blake : animal, végétation, objet, structure (construction). Il est possible de cocher un ou plusieurs de ces mots-clés afin de lancer une recherche. Dès le début du projet, les éditeurs et l’IATH ont accordé une grande importance au DTD (Document Type Definition), un format de données développé par la TEI [12] comme standard pour l’encodage de textes électroniques. Les fondations de l’Archive ont donc été encodées en SGML (Standard Generalizes Markup Language) afin de la rendre interrogeable et ce, quelle que soit la plateforme utilisée par l’utilisateur. Ces dernières années, les limites du SGML ont été atteintes et le passage au XML a été réalisé. Il ne s’agit donc pas d’un langage de programmation, mais d’un métalangage descriptif permettant d’assurer la consultation et l’utilisation de ces données ainsi encodées et ce même si les plateformes et les formats de fichiers changent entre temps. Un ensemble de tags XML conçus dans un but spécifique porte le nom de DTD. Le premier et le plus maniable de ces DTD est le Blake Archive Description, le BAD. Le BAD DTD est utilisé dans le cadre de l’Archive pour encoder tous les travaux de Blake, à la fois au niveau de l’objet et au niveau de la collection. C’est donc le BAD qui sert de base de référence pour la consultation de l’Archive en utilisant les moteurs de recherche du site. Le second DTD développé dans le cadre de l’Archive est le Blake Object Description, BOD ; il est utilisé pour l’encodage des métadonnées textuelles qui constituent la fiche d’informations de l’Image (voir plus haut). L’utilité du développement d’un tel outil, de sa compatibilité et de sa pérennité n’est pas à démontrer et son efficacité n’est rendue possible que par le fait que son développement a été envisagé lors de la conception de l’Archive, avant même sa mise en ligne.
La véritable force des éditeurs est d’avoir compris dès le départ que l’intérêt du médium numérique ne résidait pas uniquement dans ses capacités de stockage et d’accès, mais dans les nouvelles possibilités offertes pour les chercheurs notamment au travers de la création d’outils totalement inédits. Ils ont donc œuvrés avec l’IATH dans ce sens et c’est ainsi que sont nées notamment les deux applications Java, toutes deux conçues afin de servir la volonté éditoriale centrée sur l’image.
La première de ces applications est l’Image Sizer qui sert à manipuler l’image, afin de permettre aux utilisateurs de l’Archive de voir l’œuvre de Blake dans des conditions proches de la réalité, en respectant les dimensions physiques des images. Pour ce faire, il est nécessaire de régler un cookie dans la page de calibrage de l’application afin d’indiquer à ImageSizer la résolution de l’écran sur lequel on travaille. A la suite de cela, et grâce à l’information enregistrée dans le cookie, toutes les images affichées sur l’écran seront redimensionnées à leurs dimensions réelles. Tant que le cookie n’est pas effacé, toutes les images consultées sur le même ordinateur lors d’une utilisation ultérieure de l’Archive seront affichées selon les mêmes paramètres respectant les dimensions originales de l’œuvre. De plus cette application permet aux utilisateurs de réduire ou d’agrandir la taille de l’image dans sa page de visualisation (Object View Page), et d’avoir accès aux métadonnées enregistrées dans chaque fichier image (grâce à la fonctionnalité info, voir ci-dessus).
La deuxième application Java est l’Inote [13] . Elle permet d’annoter les différentes zones, ou détails, d’une image. Pour fonctionner de façon optimale, Inote doit bien évidemment être combinée avec les capacités de recherche d’images de l’Archive (voir ci-dessus). Une fois le ou les mots-clés sélectionnés dans le moteur de recherche, une page liste les œuvres de Blake où des images portent cette étiquette. On retrouve alors un cheminement très similaire à celui évoqué précédemment, avec les différentes étapes (œuvres, copies, objet). La seule différence réside dans la destination. En effet, l’écran final n’est plus le même, puisque l’on tombe sur la page de description de l’image. Une liste des différents détails et zones délimitées par les éditeurs se trouve juste au dessous de la description générale de l’image. Il s’agit de la même page à laquelle on accédait grâce au menu Show Me sur "l’Object View Page", à une différence près : le ou les termes sélectionnés dans le moteur de recherche apparaissent en rouge. On peut ainsi retrouver directement la portion de l’image où se trouve le détail qui nous intéresse. Une fois que l’on clique sur le bouton Inote, l’application Java se lance et deux fenêtres apparaissent. La première est celle de l’image : l’image de l’œuvre a été découpées en différentes zones [14] et la fenêtre est redimensionnée de telle façon que seul le secteur sélectionné apparaît. La deuxième fenêtre contient le texte descriptif attaché à la section sélectionnée. Le texte contenu dans cette fenêtre est beaucoup plus exhaustif que le résumé disponible sur la page de description. Grâce à cette application, il est possible de manipuler la fenêtre et l’image de façon indépendante, d’utiliser une fonction de zoom pour voir des détails plus précis, ou au contraire pour voir la place du détail dans l’image complète, de contrôler l’affichage des caractéristiques, et surtout de créer ses propres annotations. En effet, là encore les créateurs de l’Archive (les éditeurs et l’IATH) vont au bout de leur démarche, en offrant aux utilisateurs la possibilité de télécharger Inote. Une fois l’application téléchargée, il est tout à fait possible de l’utiliser pour d’autres domaines de recherche impliquant un travail autour d’une image. Il est alors possible de découper l’image selon ses besoins (en carrés, mais aussi de définir des rectangles, des polygones, des cercles ou même des points) et d’attacher des annotations, comme des "post-its" virtuels, aux différentes zones ainsi définies, annotations qui peuvent être copiées ou déplacées selon les nécessités.
"Un effort écologique [15]" : réintégrer les fragments textuels et picturaux éparpillés et dispersés.
Si l’image est le point de départ de l’Archive, elle n’est pas son point final. Elle retrouve sa place centrale dans l’œuvre de Blake, mais pas au détriment du texte. La présence sur le site, et ce très tôt, de la version numérique des œuvres complètes de William Blake par David V. Erdman (Complete Pœtry and Prose of William Blake) est une preuve de cette volonté des éditeurs de rendre l’image et le texte indissociables. Le texte de cette édition est bien entendu consultable et intégralement interrogeable comme nous l’avons indiqué précédemment. La navigation au sein de l’ouvrage est véritablement optimale, notamment grâce à la table des matières très complète, au menu permettant d’accéder directement à la page voulue et aux liens hypertextes au sein des pages permettant de faire apparaître les notes de bas de page dans une fenêtre popup. Si le projet est parti d’un cadre, d’une structure capable d’accueillir une collection spécialisée (les "livres enluminés"), il a évolué vers une structure plus généraliste, une architecture capable de supporter une combinaison beaucoup plus large de sources textuelles et visuelles, accompagnées d’informations approfondies ainsi que d’outils d’érudition pour les manipuler. La plus grande partie de ces données périphériques, de ces informations complémentaires sont regroupées dans la rubrique About Blake. Un glossaire extrêmement développé permet de mieux comprendre la poésie et la prose de Blake. Il s’agit d’une version révisée d’un article de Morris Eaves paru au Presses Universitaires de Cambridge. Ces définitions sont donc spécifiques à l’œuvre de Blake et renvoient à un certain nombre de références littéraires ou artistiques ayant inspiré l’artiste. On peut regretter que ce glossaire ne soit pas plus directement relié aux sources disponibles sur le site, et qu’aucun lien hypertexte ne permette d’afficher directement la définition des termes employés par Blake. La forme adoptée pour l’édition de la biographie de Blake et le texte de Joseph Viscomi sur la gravure "enluminée" reprend les caractéristiques de l’édition de l’ouvrage d’Erdman, tout en y intégrant de façon particulièrement réussie des illustrations. La table des matières se retrouve rejetée en haut de la page, la partie gauche du cadre étant réservée à la visualisation des images. Au cours de la lecture, il suffit de cliquer sur l’icône indiquant le numéro de l’illustration pour voir apparaître à gauche du texte l’illustration adéquate. La présence de ces images, à vocation essentiellement illustrative, aide beaucoup à la compréhension de l’évolution de l’œuvre de Blake dans la biographie (illustrée de près de 85 images), et à celle des techniques de gravure décrites par Joseph Viscomi (95 planches explicatives). La dimension réduite de la chronologie s’explique par le caractère très développé de la biographie. Son utilisation n’est pas la même : elle sert surtout de point de repère, de rappel des dates décisives de la vie de Blake. Enfin, les références et les abréviations employées par les éditeurs pour la classification des sources sont expliquées dans la rubrique Standard references and abbreviations.
Le noyau dur de l’Archive, son cœur thématique et "historique", est constitué par les livres enluminés. Tout est parti de là. Le reste de l’œuvre de Blake s’est rajouté, juxtaposé à ce projet initial au fur et à mesure. Et l’œuvre de Blake n’est pas le seul horizon. Les éditeurs ont envisagé, dès les débuts du projet, la possibilité d’y intégrer à terme les œuvres des contemporains de Blake puisque le projet avoué est celui d’avoir une vision plus claire et plus documentée de l’art anglais des XVIIIième et XIXième siècles et de la place qu’y occupait Blake. Tous ces ajouts périphériques n’ont de sens que par rapport au noyau initial, tout comme les livres "enluminés" prennent du sens de par ces ajouts. Et l’Archive, en tant que projet global, ne peut qu’être destinée à un public de spécialistes. Si aucune condition restrictive ne limite l’accès au site ou a ses ressources, l’architecture ardue de l’Archive, et surtout la complexité des outils mis à la disposition du visiteur en font une ressource plus adaptée aux besoins des chercheurs et des enseignants qu’à ceux du simple admirateur de Blake. De plus, avant de parcourir le site, il est nécessaire de s’initier au fonctionnement de l’objet et cela demande du temps, denrée très volatile sur le réseau. Les données disponibles sont d’ailleurs toujours des ressources de premier niveau, soit des sources, soit des descriptions de ces sources. Les éditeurs se gardent bien de proposer des analyses ou des études trop critiques de ces ressources, et se contentent de pointer vers les références historiographiques et bibliographiques nécessaires, le projet étant d’abord un projet d’édition numérique érudite. L’Archive est donc avant tout un point de départ pour l’étudiant ou le chercheur afin de réaliser un travail sur l’œuvre de Blake. La possibilité de s’approprier l’Inote afin de l’utiliser dans le cadre d’un travail personnel pour le chercheur, ou dans celui d’une salle de cours pour l’enseignant et ses étudiants, répond à la logique éditoriale présidant à l’Archive. Un nouvel outil, qui se trouve encore au stade des tests, le Virtual Lightbox, devrait encore optimiser les possibilités d’appropriations des ressources offertes par le site. Il devrait prendre la forme d’une application Java et permettre aux visiteurs de sélectionner des images sur tout le site afin de les importer dans une section spécifique où elles pourront être disposées afin de permettre des comparaisons et des manipulations. Il s’agit donc d’une version supérieure de l’ImageSizer et de la fonction de comparaison déjà disponibles sur le site. La création d’un tel espace sur le site permettrait à tout utilisateur de disposer d’une sorte de "bureau virtuel", véritable prolongation de son espace de travail physique sur le réseau.
C’est cette même orientation éditoriale qui explique la vocation d’exhaustivité de l’Archive. En effet, ce nouveau type de réalisation en ligne offre l’avantage non négligeable de réunir en un seul lieu, accessible par toute personne équipée d’un ordinateur répondant aux configurations requises par le site, la totalité de l’œuvre de Blake, du moins son équivalent numérique, l’œuvre physique étant dispersée de par le monde et les collections. La structure même de l’Archive, et son utilité pour le chercheur, repose sur les possibilités de comparaison entre les différentes versions des œuvres de Blake, possibilités jusque là presque totalement inexistantes avec les outils traditionnels. La participation active des grandes institutions patrimoniales possédant des collections importantes d’œuvres de William Blake, telles que le British Museum ou la Bibliothèque du Congrès, était donc capitales pour l’aboutissement du projet. Le fait que l’un des éditeurs, Robert N. Essick soit lui-même un grand collectionneur de l’œuvre de Blake et la possibilité d’avoir un accès direct à une partie du corpus, a sans doute facilité les débuts de l’Archive. Cependant, des neuf collections partenaires initiales, on est aujourd’hui passé à vingt-quatre. Ce succès s’explique par l’intérêt que présente cette « collecte » pour les institutions patrimoniales. Celle-ci répond à l’une de leur mission principale, à savoir la diffusion de leur collection. Mais surtout, la consultation de ces œuvres souvent fragiles, difficilement manipulables et à l’accès très strictement réglementé était souvent un véritable casse-tête pour les musées et les bibliothèque comme pour les chercheurs. Grâce à la numérisation d’une partie de leur collection, prise en charge par l’équipe de l’Archive dont ils bénéficient du savoir-faire et de l’expertise, ils facilitent la consultation de ces oeuvres et en sauvegardent ainsi des reproductions en cas de dégradation accidentelle ou temporelle (pour la restauration ou l’archivage). La rubrique Collection Lists permet de visualiser la liste complète des œuvres de Blake disponibles dans chaque collection et d’indiquer celles qui ont été numérisées dans le cadre du projet. Bien évidemment la mise en ligne de reproductions aussi fidèles des œuvres de Blake ne pouvait que soulever un certain nombre de questions concernant les droits de ces images. L’utilisation et la reproduction de ces images sont soumises à des règles très strictes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les éditeurs insistent sur la nécessité d’entrer sur leur site par la page d’accueil où toutes ces conditions sont énumérées. De plus, lors de la numérisation des œuvres, ils ont choisi de faire un choix éditorial en ce qui concerne la définition des images. Toutes les images présentes sur le sites sont donc des fichiers JPEG d’une résolution de 100 ppp (points par pouce) avec la possibilité d’afficher des agrandissements d’une résolution de 300 ppp, les fichiers TIFF originaux étant conservés par les éditeurs. Le choix de ce format et de cette résolution, offrait le double avantage d’être amplement suffisante pour l’utilisation de ces images par les chercheurs, et de ne pas porter atteinte aux droits des institutions patrimoniales [16]. Il reste que dans le contexte actuel (voir page d’accueil de notre site), l’accès libre et la possibilité de s’approprier légalement des images d’œuvres d’art constitue un véritable tour de force, malheureusement trop rare.
"Learning by doing" [17] : de l’utilisation du Blake Archive comme prototype.
Mais les éditeurs du Blake Archive n’ont pas pour seule ambition de redonner à l’œuvre de Blake son intégrité et sa cohérence initiale. L’un des objectifs principaux du projet, tel qu’il a été décrit en 1994 lors de la demande de subvention au Getty Grant Programm [18] était de créer "un modèle pour des tentatives ultérieures d’utilisation des réseaux pour l’édition collaborative et la présentation de ressources visuelles et textuelles". Le Blake Project se donnait alors pour tâche de "créer des outils et des techniques sophistiquées pour l’archivage et l’édition qui puissent servir à un large éventail de projets en Histoire de l’Art et en Lettres". La collaboration entre des spécialistes de William Blake, les éditeurs, et des chercheurs scientifiques, l’IATH, devenait donc un sujet aussi central pour les participants à l’Archive que les techniques employées par Blake dans ses travaux de gravure. L’éloignement géographique des différents membres de l’équipe dispersés aux quatre coins du pays, en Virginie, en Californie, en Caroline du Nord ou dans l’Etat de New-York, posait ainsi un certain nombre de difficultés pour le développement d’un projet aussi complexe et conduisit l’équipe [19] à adopter un certain nombre de principes afin de faciliter les choses, des communications journalières, par téléphone ou par mail [20], des réunions annuelles lors de "Blake Camp", et la nomination d’un chef de projet [21] à l’Institut qui devait servir de médiateur, ou de traducteur entre la partie littéraire et la partie scientifique de l’équipe. Pour assurer ce rôle le chef de projet (ou éditeur technique suivant les périodes) devait avoir des compétences dans deux domaines, en ayant suivi un parcours en Sciences Humaines et en disposant non seulement de compétences techniques, mais également d’une expérience dans le domaine des "nouvelles technologies". Ces méthodes étaient destinées à devenir des prototypes de "l’édition à distance". Afin d’expérimenter à loisir et de ne mettre en ligne qu’une version aboutie d’une nouvelle rubrique ou d’un nouvel outil, l’Archive fonctionne avec deux sites, le premier étant visible en ligne, et le deuxième, le site WIP (Work in Progress) protégé par un mot de passe, étant réservé aux essais. Toujours dans cette optique de modèle et d’exemple pour les projets futurs, l’Archive est l’un des rares sites à avoir archivé les échanges [17] entre les différents membres de l’équipe et toutes les institutions et les organismes ayant été de près ou de loin mêlés au projet, et les différentes versions du site. Il est ainsi possible de mieux comprendre la gestation du projet et donc d’envisager plus concrètement son ou ses évolutions. L’outil lui-même, puisque le Blake Archive est conçu par ses auteurs comme tel, est une recherche à part entière. Une partie de la production du site et de ses auteurs est d’ailleurs dédiée à l’édition numérique et à ses enjeux. La rubrique Articles about the Archive renvoie à tous les articles et autres textes et présentations consacrés à ce sujet et annonce également les conférences à venir. Morris Eaves travaille d’ailleurs actuellement sur une étude approfondie de la théorie et de la pratique éditoriale qui sera intitulée Posterity. La réalisation de l’Archive l’a conduit à développer une théorie de ce que devait être l’édition numérique dans le cadre des Sciences Humaines. S’inspirant de l’importance du métalangage descriptif à la base de la structure de l’Archive (XML), il donne à cette nouvelle forme d’édition érudite basée sur le Web le nom d’X-editing. Cette forme éditoriale permet notamment de s’affranchir d’un certain nombre de défauts et de gênes liés aux médias traditionnels, mais en contrepartie, elle nécessite de réaliser un certain nombre de compromis, en raison des limitations matérielles et techniques, comme la compatibilité ou l’évolutivité de ses outils, les coûts de gestion ou de stockage de ses données... L’x-editing se place donc en rupture avec les formes d’édition universitaire traditionnelles mais paradoxalement se positionne également dans une filiation historiographique, notamment par la démarche scientifique adoptée et la priorité accordée à l’étude et à l’analyse, sans parti pris. "Le Blake Archive, en tant que nouvelle forme d’édition érudite, ne devrait pas se résumer à l’identité de Blake ou même à l’appréciation de Blake. Il doit être (nous sommes d’accord sur ce point) consacré à l’étude de Blake. [15]" Voici les spécificités et les caractéristiques de l’x-editing telles que Morris Eaves les a défini [15] :
l’interactivité ;
la collaboration, exigeant un véritable travail d’équipe, étroit et coordonné ;
l’existence d’un site non publié en ligne, géré depuis différents lieux géographiques grâce à une connexion électronique ;
une grande capacité d’adaptation ;
l’approximation ;
la loi du provisoire ;
l’expérimentation, réglementée par les tentatives et les erreurs ;
et enfin sa dimension radicalement inachevée.
A terme le nouveau médium numérique devrait perdre son caractère complémentaire pour devenir le principal support pour la diffusion de nouveaux documents ou de nouvelles études, comme le dit si bien Morris Eaves [15] : “Primary editions to which printed editions will be supplementary”. Cette prévision est d’ailleurs en train de se réaliser. Dans son ouvrage sur le Romantisme allemand et britannique, Thomas Pfau appuie son étude du Livre d’Urizen de William Blake sur l’édition électronique de la copie G de l’Archive plutôt que sur une reproduction imprimée. De même, John E. Grant et Mary Lynn Johnson ont demandé l’autorisation aux éditeurs d’utiliser les textes de l’Archive comme base de leur édition, imprimée, révisée de l’Edition critique Norton de Blake.
La mise en page de l’Archive, assez éloignée des standards graphiques actuels du réseau est trompeuse et ne donne pas à voir les dimensions vertigineuses de ses ressources (dont cet exposé ne donne qu’un aperçu). Cette production numérique hybride est en perpétuelle mutation, condamnée à se réinventer sans cesse. L’Archive elle-même est conçue comme un processus sans fin : "One of the foremost advantages of electronic publication is the ability of the medium to accommodate growth and change. In one sense, then, a final product and date of publication never arrive, at least not as they do in the world of print" (Plan of The Archive). Le rapport au temps n’est pas le même dans le monde numérique. Bien sûr, une première étape sera franchie le jour où la totalité des œuvres de William Blake auront été numérisées et seront présentes sur le site, mais tout l’appareil analytique, toutes les données bibliographiques et historiographiques ne cesseront d’être augmentées. Le caractère extrêmement fugitif du support implique également des révisions fréquentes et successives afin de permettre aux outils et à la ressource d’être toujours utilisables. La forme éditoriale étant elle-même un sujet de recherche, l’Archive est appelée à se transformer sans fin, afin de se plier aux attentes des chercheurs et aux nouveaux besoin de la recherche (d’où le sens du titre choisi par Morris Eaves pour son étude sur l’édition, Posterity). L’Archive ne peut pas, et ne doit pas, veillir : elle ne peut que se situer dans une immédiateté perpétuellement renouvelée.
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[1] Morris Eaves est également le co-éditeur de Blake, an illustrated quarterly.
[2] Pour voir la liste détaillée des projets et réalisations en partenariat avec l’IATH : site officiel de l’IATH.
[3] Pour un récit détaillé (passé et présent) de l’historique du projet, voir la rubrique Plan of the Archive.
[4] L’aide de Sun Microsystems a été particulièrement précieuse pour le développement des applets Java.
[5] Editeurs and Equipe du William Blake Archive. "The Persistence of Vision : Images and Imaging at the William Blake Archive." RLG DigiNews 4.1 (Février 2000).
[6] Voir la rubrique Editorial Principles : Methodology and Standards in the Blake Archive
[7] Eaves, Morris. "Crafting Editorial Settlements." Romanticism on the Net 41-42 (Février-Mai 2006). « The seventh heaven where pictures and text were originally one. »
[8] Cet intérêt pour les manuscrits n’est pas une nouveauté due au passage au medium numérique et n’est pas une spécificité de l’Histoire de l’Art. Ainsi dans le domaine des Lettres, de nombreuses études de ce type ont vu le jour, comme par exemple autour de l’œuvre d’Emily Dickinson. Le Dickinson Eletronic Archives offre, en plus des transcriptions des œuvres de l’écrivain, des reproductions numérisées de ses manuscrits. Cette reproduction des feuillets et des carnets d’artistes, d’écrivains ou de personnages historiques, est devenue une offre systématique de l’édition électronique de qualité.
[9] Pour plus de détails, il vous suffit de consulter la rubrique Known Hazards and Most Favorable Conditions of the Archive
[10] Les images présentées sur la page de comparaison ont toujours la même taille, et non pas une taille relative à leurs proportions réelles, physiques si l’on peut dire, comme c’est le cas dans la fenêtre Object View.
[11] Il est également important d’indiquer que cette numérisation se fait directement, sans l’intermédiaire d’un écran de verre : cela élimine les effets nuisibles comme les ronds lumineux et réduit considérablement la poussière.
[12] TEI (Text Encoding Initiative). Projet dont le but est de construire un modèle de référence universel pour le codage des textes scientifiques et littéraires.
[13] Une documentation en ligne très complète est disponible sur le site de l’IATH à l’adresse suivante : http://www.iath.virginia.edu/inote/
[14] Chaque secteur de l’image est désigné par une lettre de l’alphabet (A, B, C, et D), en commençant en haut à gauche et en suivant le sens des aiguilles d’une montre. La lettre E désigne l’image complète.
[15] Eaves, Morris. "Crafting Editorial Settlements." Romanticism on the Net 41-42 (Février-Mai 2006).
[16] Récemment, en raison des innovations technologiques et de l’amélioration de l’équipement utilisé, la résolution choisie lors de la numérisation des œuvres est de 600 ppp.
[17] Eaves, Morris. "Crafting Editorial Settlements." Romanticism on the Net 41-42 (Février-Mai 2006)."Contributing to a Blake Archive Archive, whatever that was, seemed an attractive way of learning by doing"
[18] Eaves, Morris. "Collaboration Takes More Than E-Mail : Behind the Scenes at the Blake Archive." The Journal of Electronic Publishing 3.2 (Decembre 1997).
[19] La page des Crédits permet de visualiser la totalité des personnes étant, ou ayant été, impliquées dans le projet, et leur(s) rôle(s)
[20] Il existe trois listes de diffusion distinctes. La plus ancienne, la blake-proj est réservée à l’équipe du projet et est archivée automatiquement. La deuxième, la blake-board, créée à la fin de l’année 1998, facilite la communication entre les éditeurs et l’Advisory Board, le comité consultatif. Enfin, une liste publique, la blake-update, également créée en 1998, sert à diffuser les lettres d’informations aux utilisateurs inscrits.
[21] Pour plus de détails, voir Kirschenbaum, Matthew. "Managing the Blake Archive." Guest column for Romantic Circles (Mars 1998).

