Le Site à la loupe

Romanesque Churches Of The Bourbonnais -

Par Joëlle Vandries

A la croisée de l’enseignement universitaire, des sciences humaines et des technologies actuelles, le Visual Media Center for Art History, Archeology and Historic Preservation créé en 1994 au sein du département d’histoire de l’art et d’archéologie de l’Université de Columbia réalise de multiples projets numériques pour l’enseignement en histoire de l’art et en archéologie. Fondé par le Professeur Stephen Murray, le VMC est aujourd’hui dirigé par James Conlon, issu du domaine de la conservation et de l’archéologie monumentale. Ce dernier a permis l’utilisation accrue des nouveaux médias au sein de l’Université de Columbia, mu par la volonté de faciliter l’interprétation et la conservation du patrimoine bâti. Grâce à une application pratique des technologies numériques, le VMC cherche à étendre les pratiques d’interprétation de l’image, des objets, des monuments, des sites historiques en favorisant l’exploration, la plus large possible. Il mobilise à cet effet les compétences jointes de spécialistes en archéologie, en histoire de l’art et de la conservation et développe l’interdisciplinarité des recherches avec les Départements des sciences, les écoles d’architecture, les domaines de l’ingénierie, du journalisme et des affaires publiques internationales.
Stephen Murray, professeur d’architecture médiévale à l’Université de Columbia à New York est à l’origine de la mise en ligne par le VMC, dès le début des années 2000 [1], du site que nous nous proposons d’étudier ici : Romanesque Churches of the Bourbonnais dédié aux églises romanes du Bourbonnais, révolutionnaire à bien des égards.

Les partis pris

Ce site confirme le parti pris du Professeur Stephen Murray de "révolutionner" les méthodes d’enseignement de l’architecture, comme il a pu le développer lors de projets antérieurs tel que Amiens Cathedral Project . Il s’agit d’une recherche d’immersion complète de l’étudiant au cœur de l’édifice en étude afin de pouvoir en saisir ses éléments caractéristiques. A l’origine du projet relatif aux églises du Bourbonnais se trouve l’ouvrage d’Henri Lefebvre : La production de l’espace [2] et l’idée selon laquelle le pouvoir politique (en l’occurrence celui des Bourbons) joue un rôle déterminant sur la construction de l’espace social, artistique et l’identité culturelle locale... D’où ce découpage "Bourbonnais" qui dépasse le découpage géo-stylistique habituel et qui peut provoquer un débat historiographique parmi les historiens de l’architecture religieuse médiévale.
Ici, l’apparente simplicité de la page d’accueil tranche avec la complexité des outils de travail mis à la disposition de l’utilisateur. En effet, ce site propose de découvrir le Moyen Age à travers une étude approfondie et une importante documentation en image de l’architecture religieuse du Bourbonnais à sa période de prospérité, c’est-à-dire entre les XI° et XII° siècles. L’étude se concentre sur environ 300 églises remarquables et s’attache tant à détailler les pratiques architecturales que les techniques de construction, les plans de construction que les vues comparatives, les objets de dévotion que le mobilier liturgique.

Comme le rappelle le texte introductif du site, la méthode mise en avant ici pour l’étude de l’architecture romane bourbonnaise actualise deux outils "traditionnels". Il s’agit, d’une part, du dictionnaire d’églises "represented with a small plan, a couple of black-and-white photographs and a short descriptive text" [3] . Et d’autre part, d’une matérialisation des connaissances acquises par la visite physique des édifices permise par les lithographies "large and luminous, giving sense of the space, light and texture of the monument, almost as if one were actually there" [3] . A l’ère numérique ce site dépasse ces outils "traditionnels" par la possibilité d’une recherche alphabétique ou spatiale des églises et aussi par une circulation dynamique au sein de la base de données. "This spatial experience is sustained in the graphic representation of churches, all of which can be visited through Quick Time Reality panoramas. For a dozen churches we have also preparated complete three-dimensional model created trough the use of a laser Cyrax scan" [3] . Cette démarche représente le double avantage d’ancrer l’histoire de l’architecture dans ses pratiques passées et d’apporter la démonstration précise de l’exploitation des techniques actuelles. Elle met en exergue une méthodologie nouvelle d’enseignement.

Apprendre autrement

Dans le domaine spécialisé de l’étude de l’architecture des églises du bourbonnais des XI° et XII° siècles, le site met à la disposition des étudiants, des enseignants, une base de données composée d’un corpus presque exhaustif d’études photographiques ainsi qu’une « documentation » instrumentalisée de plus d’une trentaine de paroisses, églises, abbayes et autres cathédrales, bâties au centre de la France au Moyen Age.
La présence sur la page d’accueil d’un livre, d’une planche lithographique et d’un schéma d’édification symbolise le lien historique que partage le site avec l’enseignement "classique" de l’architecture. Toutefois c’est bien une nouvelle façon de regarder que propose le Professeur Stephen Murray à travers ce site. En effet, en permettant de comparer toute une production architecturale d’une même région sur une période précise, dans ses éléments les plus significatifs, il cherche à retracer (ou à appréhender) le lien qui unit l’architecte, le bâtisseur-artisan et leur société. A cet effet, nous pouvons signaler ici l’importance du travail de Marcel Génermont pour cette réalisation. Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts il restaure de nombreux édifices médiévaux. Président de la société d’Emulation du Bourbonnais, il écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire du Bourbonnais qui se caractérisent par de multiples relevés de plans d’Eglises bourbonnaises et des croquis. Ce sont ces relevés qui apparaissent sur le site de Stephen Murray avec comme particularité de pouvoir les afficher sous le système métrique actuel, anglosaxon ou encore le système métrique roman. L’expérimentation de cette approche se traduit sur le site par la richesse de sa base de données et des différents outils mis à disposition pour l’explorer, même si la quasi absence de liens transversaux empêche la lisibilité globale de cette richesse.
Nous pouvons citer principalement trois outils de recherche : "Query" et "Statistics" ainsi que la liste alphabétique des édifices du bourbonnais. Ils permettent d’entrer pleinement dans la base de données du site et de mener des études comparatives et des expérimentations soit en tapant le nom de l’édifice soit en déplaçant le curseur sur la carte où sont schématisées chacune des églises recensées. Ils illustrent parfaitement la nouveauté que confère ce site à la recherche en histoire de l’art, archéologie et en histoire de l’architecture : mettant sur une même échelle de multiples édifices éparpillés géographiquement, réunit le temps d’une recheche.
L’onglet "Query" permet de sélectionner les édifices en fonction de leur largeur et/ou de leur longueur (en déplaçant un curseur), dans un index alphabétique, ou en sélectionnant les zones d’un plan schématisé d’église romane. Toutes ces requêtes peuvent être croisées, faisant de fait évoluer le nombre des édifices répondant aux recherches. Le résultat de cette recherche peut s’afficher différemment. En effet, il est offert la possibilité de choisir dans une liste entre des vues extérieures, intérieures, celles des tours ou directement sur la carte du bourbonnais où les plans des églises apparaissent au fur et à mesure des requêtes...
L’onglet "Statistics", quant à lui, est le seul qui permette réellement de comparer les monuments en les faisant apparaître sur un plan orthonormé, il a pour abscisse la largeur (en mètre) des nefs et pour ordonnée la longueur (en mètre) des églises. Du point zéro de ce plan partent sept lignes dont la médiane représente la section d’or, la divine proportion. De petits points gris représentent quant à eux les églises, réparties de part et d’autres des sept lignes selon que l’on sélectionne les longueur et largeur de nefs, de transepts, des croisées... Simultanément, la carte du Bourbonnais se bleuit des plans des églises correspondant aux requètes. En passant sur l’un des points, ces mesures apparaissent et en cliquant dessus, un tableau de données et d’outils, d’images et de schémas relatifs au monument sélectionné apparait. Il se divise en quatre parties. La première comprend la localisation et le nom de l’édifice. La seconde se compose d’une ligne de petites vignettes. Il s’agit des photographies des vues extérieures (tour, façade ouest), et intérieures (nef, chœur, transept...), d’une reproduction noir et blanc de l’édifice faite par Marcel Génermont en 1938 [4] et pour finir : d’une animation Quicktime VR Node, dont nous parlerons plus tard.
En cliquant sur l’une de ces vignettes, elle apparaît en plus grand dans la troisième partie du tableau, la partie centrale. Et pour finir, en quatrième position se trouvent les multiples coupes transversales et autres vues en perspective de l’édifice ainsi que les échelles de mesure, qui peuvent également être affichées sur la partie centrale du tableau. En mode plan, cette partie centrale laisse entrevoir de nouvelles possibilités d’analyses. En effet, en fonction de l’état d’avancement des recherches du VMC, à un plan basique coloré formé par des volumes simples (carrés et rectangles) le visiteur peut superposer à la fois le plan réalisé par Génermont lors de son étude (précédemment évoquée), une vision des chapiteaux, celle du pourtour des fondations, une modélisation volumétrique en mouvement grâce au Cyrax scan, dont nous parlerons à nouveau.

Des outils de mesure

Une attention particulière peut être donnée à la présence de la section d’or. Matérialisée par un carré jaune que l’on peut déplacer sur n’importe quelle partie du plan des églises, cette référence antique à la mesure divine, utilisée par les bâtisseurs au Moyen Age, permet de visualiser instantanément la répartition de ces proportions dans l’édifice représenté et ainsi prendre la pleine mesure de son influence sur l’espace bâti médiéval.

A cela s’ajoutent d’autres outils dynamiques, analogues et aussi opérationnels que ceux que nous pourrions trouver sur le bureau d’un architecte : des plans de construction jonchés d’instruments de mesure (règles, équerres, té...). Ces outils électroniques peuvent être sélectionnés, positionnés et adaptés au plan de l’édifice. Ainsi à tout moment il est possible de connaître et de comparer les rapports des différentes sections qui composent le bâtiment. Le mode de requête permet au chercheur ainsi outillé d’obtenir immédiatement le classement comparatif des édifices religieux du bourbonnais, selon les données qu’il souhaite privilégier. Toutes ces méthodes d’interrogation de la base de données permettent une approche actuelle de l’histoire de l’architecture. Un regard nouveau peut être porté sur un corpus d’études inégalé qui rend disponible à tout moment, à la fois des photographies, des relevés géographiques, des animations en trois dimensions, des plans et des mesures réalisées sur le terrain lors de chantiers d’été... L’étudiant, le chercheur, ou plus généralement l’utilisateur, accède à une multiplicité d’informations triées parmi cette documentation importante. Parfois même le site offre un accès à des informations encore inédites, telles le corpus d’images des chapiteaux [5]. C’est notamment à travers cet ensemble que peut le mieux se réaliser la volonté du Professeur Stephen Murray, à savoir : pouvoir retrouver le chemin des imagiers. Autrement dit à partir de l’observation de ces chapiteaux enfin réunis, l’étudiant peut tenter de suivre les étapes de l’artisan qui les a sculpté, de comprendre l’évolution de son travail et peut-être même les influences exercées. Toutefois, le site ne permettant pas de pouvoir garder à l’écran les images sélectionnées, ni même d’en faire une sauvegarde, le travail d’analyse s’avère complexe. La particularité essentielle ici est de pouvoir comparer ces données, toujours dans l’esprit de construire une continuité entre chacun des édifices présentés et de susciter de nouvelles interrogations, de nouveaux thèmes de recherche. Ces outils de recherches permettent, à partir d’une grille d’analyse systématique, de rassembler et créer une certaine unité parmi les multiples édifices. Ils doivent aider à la compréhension de l’élan édificateur mené au XI° siècle, à son évolution et son apogée. Il s’agit de voir au-delà de la seule histoire architecturale, l’histoire sociale et politique d’une région, apprendre à en déceler les liens.
Par ailleurs, grâce aux technologies actuelles, les églises qui semblaient avant plates et inertes sur les pages en deux dimensions des encyclopédies et autres ouvrages d’études prennent dorénavant du relief et s’animent afin de rendre leur connaissance encore plus complète.

De la vision à l’immersion

Dépassant les traditionnelles planches ou diapositives projetées afin d’illustrer un cours, les images disponibles sur le site sont inédites, animées et prises sous de tels angles avec une telle définition qu’une étude approfondie peut être menée même à distance, comme l’a souhaité le Professeur Stephen Murray.

Avec la même exhaustivité que Marcel Génermont au début du XX° siècle, les équipes de l’Université de Columbia, composées surtout d’étudiants, se sont astreintes à relever chaque édifice religieux, jusqu’à deux ou trois par jour, le cartographiant, le photographiant de l’extérieur et de l’intérieur, le mesurant [6]... Ils ont, pour cela, combiné les savoir-faire traditionnels à la technologie actuelle. C’est-à-dire, en premier lieu, en utilisant un appareillage photographique à très haute définition numérique, posé sur un trépied et ajusté soigneusement afin de pouvoir prendre une douzaine d’images depuis le même point. Une fois revenus dans les laboratoires de l’Université, les disques entiers de photographies ainsi obtenus ont été traités et assemblés avec la technologie du QuikTime Virtual Reality (QTVR) Node [7] . Cette application permettant d’être lue par tous les ordinateurs à condition de télécharger le plug in sur le réseau permet de visualiser sur l’écran une image panoramique en trois dimensions de l’espace photographié. La sensation d’immersion dans le panorama est convaincante, grâce à la qualité de la numérisation. Cette technique offre une lecture révolutionnaire, non déformée, avec des angles de vues inédits. Un panorama singulier, ou Node, est pris depuis un point unique de l’espace. Il est ensuite possible de relier plusieurs de ces panoramas entre eux ce qui a pour effet de créer un mouvement. Dans la pratique, cela se traduit par la possibilité de visiter, virtuellement, via Internet, une église du bourbonnais dans ses moindres détails, et de la comparer à une autre, depuis l’ordinateur, même avec une connexion bas débit. Cet "outil" participe pleinement de l’approche pédagogique nouvelle voulue par le VMC. C’est-à-dire qu’il permet de faire l’expérience d’une visite en s’appropriant l’espace en dépassant la simple représentation réaliste de l’édifice (comme avec une perspective). Il donne l’illusion de se trouver au centre de l’église et de la regarder à 360° de façon interactive. Grâce à la qualité de l’image, on peut étudier précisément chaque édifice, son mobilier comme des objets et décors, privilégiant le corpus singulier des voûtes de pierre, des arcs en plein cintre. Il ne s’agit plus de feuilleter un livre d’images sur l’architecture romane, mais bien de la visualiser pleinement et d’en relever toutes les informations utiles et d’approfondir la connaissance les logiques de planification des bâtisseurs.
En second lieu, une autre importante technologie a été employée : le Cyrax scan [8]. Il s’agit d’un module de balayage topographique, en trois dimensions à haute définition, monochromatique, réservé aux grands objets ou aux grandes structures et utilisé surtout en archéologie. Il permet notamment d’étudier un édifice d’une façon nouvelle, de l’analyser et de faire des comparaisons, qu’il s’agisse de bâtiments existants, de ruines ou d’excavations. A partir du marquage précis et dense d’un objet, le scanner enregistre une "carte" détaillée de sa surface. Plusieurs programmes informatiques prennent le relais afin d’analyser cette carte, de générer une image numérique qui peut être regardée sous n’importe quel angle, suffisamment fidèle pour effectuer des mesures. Cette image peut être en 2D (plans, altitudes de construction, sections de schémas...) ou en 3D, comme cela apparaît sur le site des églises du bourbonnais, en cochant la case prévue à cet effet pour chacune des églises visitées.
Plus qu’une étude statique des monuments ou qu’un voyage pittoresque, ce site combine l’utilisation de la modélisation en 3 D et de l’image et la vidéo numériques. Les nouveaux points de vue offerts par ces outils permettent une immersion à distance dépassant la simple planche lithographique. De plus, l’étudiant, l’utilisateur, est à même de se représenter l’édifice sous tous ses points de vue. Aidé par les images dynamiques, il peut également approcher les problématiques relatives à l’édification et comprendre les partis pris des bâtisseurs pour finalement imaginer peut-être le dispositif intellectuel de construction.

L’appartenance à une lignée nouvelle de projets éducatifs

L’existence de ce site creuse un peu plus le fossé qui sépare la vision hexagonale de l’enseignement supérieur en histoire de l’art et archéologie et celle des Humanities anglo-saxonnes. En effet, la mise en œuvre de ce site par le VMC a été possible grâce une volonté d’interdisciplinarité déjà éprouvée lors de projets de même envergure [9] , comme notamment Amiens Cathedral Project [10]. Cela se traduit par une collaboration avec le laboratoire de robotiques du Département des sciences informatiques de l’université de Columbia [11] , ou avec celle de collègues du Massachussetts Institute of Technology... Clairement évoquée dans les articles publiés sur le site de l’Université de Columbia , cette interdisciplinarité parait essentielle à l’enseignement. La démarche innovante mise en place par le Professeur Stephen Murray a également reçu le soutien du National Endwoment for the Humanities l’agence nationale américaine, qui soutient la recherche, l’éducation, la conservation et les programmes publics en sciences humaines, fort investie dans les Digital Humanities. Le soutien du NEH au VMC se traduit par une dotation financière importante. Le VMC bénéficie également du soutien financier et technologique de la Fondation Andrew W. Mellon [12] que l’on retrouve dans de nombreux projets de Digital Humanities. Ces sources de financement soutiennent l’orientation du site des Eglises du Bourbonnais vers le développement accru des technologies de type « Animated Maps », imageries animées et autres systèmes de visualisations en trois dimensions. Le VMC qui se trouve au cœur du Département d’Histoire de l’art et d’Archéologie de l’Université de Columbia concourt aux transformations de l’enseignement et à la recherche documentaire dans ces disciplines. Par ailleurs la mise en œuvre d’un centre d’ingénierie, d’imagerie numérique, de modélisation 3D..., permet au VMC d’être prestataire de service et ainsi de financer et d’exploiter son potentiel. C’est dans ce sens que s’est notamment [13] élaborée la collaboration entre le VMC et ARSTOR [14], ou l’Unesco [15], pour qui le VMC a réalisé la modélisation numérique des sites classés au patrimoine mondial, ou encore le projet Aluka initiative internationale à but non lucratif qui a comme objectif de créer une bibliothèque scientifique regroupant des ressources venant ou traitant de l’Afrique.



Le site Romanesque Churches of Bourbonnais, dont seule l’adresse rappelle l’origine d’une telle initiative, met à la disposition des étudiants les outils nécessaires à l’exploration de ce patrimoine discret et permet, de fait, de construire des scénarios et d’en mesurer la validité. L’absence de texte documentaire laisse libre court à l’élaboration d’hypothèses relatives à la construction de ces édifices. Les images animées deviennent des documents à part entière, rendant tangible les concepts architecturaux, jusqu’à l’observation des forces qui s’exercent sur les piliers des voûtes. Par ailleurs, Romanesque Churches of Bourbonnais permet d’illustrer le débat relatif au partage de l’image. En effet, oscillant entre des projets internes à l’Université de Columbia, réservés parfois à l’usage exclusif des étudiants, et des projets publics externes, le VMC acquiert une véritable autonomie au sein de l’Université et élabore ses propres politiques d’utilisation de ses images. A l’image de ce centre de recherches nous pouvons nous interroger sur les évolutions de telles pratiques dans le domaine des Digital Humanities et la constitution de réels laboratoires de recherches voués à l’histoire de l’art et déterminés à travailler le potentiel des technologies numériques.
Enfin, le site exploite, dans ce qu’elle a de plus utile à une démarche pédagogique, une technologie propre au domaine de l’archéologie ou des présentations de projets architecturaux [16] : la visualisation en trois dimensions de la spatialité. Elle permet au Professeur Stephen Murray de concrétiser sa vision d’un enseignement par la démonstration. Cependant, la perception de l’influence socio-politique sur l’architecture et la manière dont elle modèle l’espace géographique n’est pas encore finalisée. En effet, l’absence de glossaire, de texte explicatif, de datation, d’un "manuel" didactique de prise en main du site ou même la possibilité d’annoter les ressources ne permet pas de mettre en évidence ses hypothèses. Cela tend à éloigner le site des logiques d’appropriation. Toutefois, cela sera progressivement amélioré car le site demeure en évolution depuis l’enrichissement des données de base jusqu’à l’amélioration du système de navigation ou la présentation de la page d’accueil.

Nous tenons à remercier Stephen Murray pour l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder.




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[1] Modifié au cours du printemps 2007, voué à être régulièrement enrichi.

[2] Henri Lefebvre, La production de l’espace, Collection : Société et Urbanisme, Editions : Anthropos, 1974.

[3] Voir : http://www.learn.columbia.edu/bourbonnais/

[4] Marcel Générmont (Architecte des Monuments Historiques) et Pierre Pradel (Conservateur adjoint des Monuments Nationaux) sont les auteurs d’Allier, les Eglises de France, paru en 1938 chez Letouzey et Ané, Paris. Il s’agit d’un répertoire historique et archéologique des églises du département de l’Allier dont les reproductions et les schémas sont utilisés par le VMC.

[5] Voir notamment ceux photographiés en l’église de Souvigny.

[6] Voir l’article de Kristin Sterling, Medieval Architecture : Coming Soon to a Screen Near You, 16 novembre 2004, Columbia News, http://www.columbia.edu/cu/news/04/11/mellon_grant.html

[7] Technologie développée par Apple en 1994. http://www.apple.com/quicktime/technologies/qtvr/

[8] Développée notamment par Leica.

[9] Voir la liste de ces projets : http://www.learn.columbia.edu/vmc/list.cgi

[10] Voir : The Amiens Project, by Brett Forman, Columbia Magazine, Summer 1996

[11] Voir : Computers Are Transforming the Study of Buildings, Past and Present, Columbia News, 21 décembre 2005, http://www.columbia.edu/cu/news/05/12/architecture_IT.html

[12] Voir les missions : http://www.mellon.org/

[13] Pour une liste complète des partenariat voir le site du VMC à l’adresse : http://www.learn.columbia.edu/mcah2/html/mcah_resource.html

[14] Voir la présentation faite sur notre site Vers un nouveau partage de l’image

[15] Voir la liste des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

[16] Tel que l’on peut en voir dans notre corpus d’études outillés







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