L’utilisation du numérique dans l’institution artistique, scientifique et patrimoniale

Le musée sur Facebook - Vers la redéfinition de la notion de public -

Par Mériam Bensassi

Mes recherches concernent l’évolution des rapports du musée avec son public dans le cadre de son entrée sur Internet. Lors d’un premier mémoire, j’ai étudié cette relation au sein des sites Internet. J’ai pu ainsi démontrer que les sites Internet de musée évoluaient de la simple brochure donnant des informations sur le musée, à l’apport de véritables connaissances en Histoire de l’art. On constate à présent que le musée s’aventure hors de son site Internet pour entrer dans l’univers du Web 2.0. Pour ce mémoire j’ai examiné plus précisément l’entrée des musées dans le réseau social Facebook. J’ai choisi d’analyser ce réseau car une de ses principales caractéristiques réside dans la relation qui s’instaure entre les membres. La participation du musée dans les réseaux sociaux et dans le Web 2.0 traduit une évolution dans sa manière d’appréhender le public. La problématique de cette recherche se divise en trois questions majeures : quelle est la nature des nouveaux liens que le musée noue avec le public ? Quelle place prend le musée dans le réseau social ? Peut-on y voir une remise en question de la notion de public ? Je souhaite aborder ici les caractéristiques de ces nouveaux rapports en établissant dans un premier temps une typologie de la représentation du musée sur Facebook, pour aborder dans un second temps la nature des liens avec le public.

La définition des réseaux sociaux nous est donnée par les doctorantes Danah Boyd et Nicole B. Ellison, auteurs d’un site sur l’histoire des réseaux sociaux. Les réseaux sont donc des services fondés sur trois points essentiels : l’établissement d’un profil public ou semi-public dans un système structuré, l’articulation d’une liste d’utilisateur et la possibilité donnée aux membres de parcourir la liste des autres utilisateurs. Ce qui rend ces sites uniques c’est la capacité qu’ils donnent d’articuler et de montrer son réseau social. Les deux plus importants réseaux sociaux sont les réseaux MySpace et Facebook.

Le réseau Myspace est lancé en 2003 et bénéficie dès sa création du soutien des artistes qui voyaient leurs profils enlevés sur des sites comme Friendster dès qu’ils désiraient s’afficher en tant que groupe. Les créateurs du réseau MySpace se sont tournés vers les communautés d’artistes de Los Angeles pour faire connaître le réseau. L’importance de la musique est aussi visible sur ce réseau dans le nombre de musiciens présents, plus de 660 000 en 2006 selon les créateurs. Facebook est créé en 2004 par un étudiant de Harvard, Mark Zuckerberg. Contrairement à Myspace c’est un réseau fermé dont le but est de permettre aux étudiants d’entrer en contact. Il doit son nom aux albums photos regroupant les photos prises par des élèves pendant l’année scolaire et remis à la fin de celle-ci. Encore privé en 2006, le site va s’étendre tout d’abord aux autres universités puis au monde entier. Avec son ouverture au monde le site s’ouvre aussi aux développeurs et leur donne la possibilité de créer toutes sortes d’applications. L’importance de ces phénomènes incite les musées à entrer eux même dans les réseaux sociaux.

L’engouement des musées pour les réseaux sociaux est visible dans les conférences Museums and the Web, menées par les professionnels du musée tous les ans sur les questions portant sur les musées et Internet. En 2006, les premiers articles sur les réseaux apparaissent dans ces conférences. Les directeurs du musée de science de l’Ontario, du musée du Minnesota et le responsable de la société Ideum incitent les musées à entrer dans les réseaux, dans leur article intitulé Sites communautaires et Technologies sociales émergentes. Ils mettent en valeur l’intérêt d’approfondir la relation et d’accroître l’engagement du visiteur. En entrant dans les réseaux, on remarque que les musées vont plébisciter le réseau Facebook, c’est le cas notamment du musée de Brooklyn dont la directrice de projet multimédia Shelley Bernstein dit avoir essayé Myspace mais lui préférer Facebook.

Pour comprendre l’intérêt des musées pour Facebook il importe de le comparer au réseau Myspace et analyser ensuite la représentation du musée sur Facebook.

Myspace et Facebook traduisent deux types différents de représentation pour les musées : un type visuel et promotionnel pour Myspace et un type informationnel pour Facebook.

Le réseau Myspace se présente comme un site à forte identité visuelle, il permet d’ailleurs aux utilisateurs d’intégrer du code html pour réaliser leur propre fond d’écran. Ce site a pour but essentiel la promotion des artistes comme on peut le voir dans le nombre d’amis et les commentaires laissés par ceux-ci qui sont en majeure partie des liens vers des expositions. Le réseau Facebook privilégie la relation entre les membres, il demande une inscription préalable pour en faire partie et par la rubrique News Feed il informe les membres des changements qui ont lieu sur la page de leurs amis notamment quelles applications ils y ont mis. L’importance de ce réseau réside aussi dans les informations que peuvent s’échanger les membres par l’intermédiaire des applications. Il se crée sur Facebook un phénomène de bouche à oreille qui permet l’extension du nombre des applications mais aussi l’extension des groupes auxquels on peut appartenir. La création d’une page sur Myspace renforce la part artistique du musée, on constate d’ailleurs une forte présence des musées d’art contemporains, le profil du Centre Georges Pompidou en témoigne. Sa présentation se détache sur un fond bleu, les premières lignes concernent les expositions qui ont lieu dans le musée, cependant la plus grande partie de la page est occupée par les amis du musée et leurs commentaires.

Fig 1 : profil du Centre Georges Pompidou sur MySpace (JPG) Fig 1 : profil du Centre Georges Pompidou sur MySpace


Fig 2 : exemple de commentaire laissé par un ami du Centre Georges Pompidou. (JPG) Fig 2 : exemple de commentaire laissé par un ami du Centre Georges Pompidou.


Le Walker Art Center renforce la part artistique de son profil par l’ajout de musique. L’examen des pages du musée Guggenheim présent sur les deux réseaux permet de mettre en exergue les différences inhérentes aux deux plateformes.

Sur MySpace, le musée se présente comme un garçon de 49 ans, il accueille les visiteurs sur sa page par un diaporama sur le travail de Louise Bourgeois. La page du musée se poursuit par une présentation succincte du musée qui propose sur le coté droit des liens vers les expositions en cours et à venir, et sur le coté gauche des photos d’une soirée ayant eu lieu au musée. Le reste de la page est occupé par les amis du musée et les commentaires envoyés par ceux-ci. L’importance de la part artistique se traduit dans le diaporama et dans le choix des photos que le musée publie sur sa page, on constate que la première photo est celle du Dj derrière ses platines.

Fig 3 : Page du musée Guggenheim sur MySpace (JPG)

Fig 3 : Page du musée Guggenheim sur MySpace


Sur Facebook si on est accueilli par l’image du bâtiment principal, ce sont les informations proposées par le musée qui occupent la majeure partie de la page. Ces informations sont délivrées par différentes applications qui permettent au musée d’aller au-delà du simple renseignement sur les expositions et évènements qui ont lieu au musée. Si la rubrique Extended Info et Event concerne l’actualité du musée, la rubrique Del.icio.us permet au musée de publier les liens qu’ils recommandent que ce soient des articles de la presse écrite ou des blogs. Il donne par exemple un lien vers le journal Newsweek portant sur l’exposition qui à lieu au musée sur Louise Bourgeois.

Fig 4 : Rubrique My Del.icio.us et article en rapport  (JPG) Fig 4 : Rubrique My Del.icio.us et article en rapport


Comme on peut voir par ces différents exemples, l’information est capitale sur Facebook. Elle entre par ailleurs dans la volonté du musée de ne pas perdre de vue sa mission comme le rappelle le premier article sur les réseaux sociaux, les auteurs mettent en valeur le fait que ce qui doit rester important pour les musées c’est leur collection et le savoir qu’ils ont sur leur collection. La distinction que nous établissons entre les deux réseaux permet d’établir la primauté du réseau Facebook pour les musées.

En premier lieu, le musée sur Myspace ne peut se distinguer des autres profils, la recherche du mot museum donne comme résultat des groupes de musiciens. Par ailleurs pour consulter la page d’un musée il faut connaître son nom. Sur Facebook les musées se distinguent en créant une page. Il leur est en effet possible de créer soit un profil, soit une page, soit un groupe. La recherche du mot museum appelle plusieurs résultats dont les personnes ayant ce nom mais aussi les pages, les groupes, les événements et les applications où figure ce terme.

Les pages qui sont au nombre de 413 ce vendredi 20 juin sont toutes des pages de musées classées en fonction du nombre de fans.

En second lieu, la création d’une page sur Facebook permet au musée de préserver son image. Une page sur Myspace est composée en majeur partie des commentaires postés par les amis qui font la promotion de leur travail, d’une exposition, d’une soirée. Ce qui donne parfois peu de sérieux à l’institution. Il faut ajouter à cette remarque la liberté du code html permettant de créer le fond d’écran que l’on désire qui peut amener à des excès comme en témoigne la page créée en 2007 par le musée Jacquemart André. Nous devons toutefois accorder à ce musée le fait que cette page est restée à l’état d’expérimentation, puisqu’elle n’a pas été mise à jour après sa création.

Fig 5 : Page du musée Jacquemart André sur MySpace (JPG) Fig 5 : Page du musée Jacquemart André sur MySpace


En dernier lieu, la prééminence de Facebook réside dans la relation qui se crée avec le membre, au moyen des informations et des applications que le musée choisit d’exploiter sur sa page. Ce rapport permet d’établir une typologie propre au réseau facebook.

Le réseau Facebook a été créé pour permettre aux membres de resserrer des liens déjà créés. Il doit cependant son succès à l’ouverture des applications aux développeurs indépendants. La double nature du réseau se retrouve dans les types de représentations choisis par le musée. On distingue donc un type ancré dans le réseau et un type relationnel. Le type ancré dans le réseau privilégie une identité multimédia forte en utilisant de nombreuses applications qui sont en lien avec des sites de partage de données ou d’informations. Il apparaît en priorité sous la forme de page dont on devient fan.

Le musée d’art d’Indianapolis entre dans cette catégorie. La première rubrique qui apparaît sur la page du musée est intitulée information elle affiche les adresses Internet et comprend pour ce musée six différentes adresses, dont celle du musée, son blog, sa plage sur Flickr et sur Myspace. La place du musée dans les autres formes du Web 2.0 se renforce tout au long de la page. Le musée a choisi notamment de mettre sur sa page l’application Simply Rss qui lui permet de faire des liens sur son blog, l’application You tube box qui est alimentée par des vidéos postées sur le site You tube par le musée.

Fig 6 : Rubrique My Feeds du musée d'art d'Indianapolis et blog en rapport  (JPG) Fig 6 : Rubrique My Feeds du musée d’art d’Indianapolis et blog en rapport


Le musée d’art contemporain des Abattoirs de Toulouse entre lui aussi dans cette catégorie par les nombreux liens qu’il fait sur les sites de partage de données comme Del.icio.us ou You Tube. D’autres musées choisissent de privilégier le lien avec les membres. Ce choix est visible dès l’entrée du musée sur le réseau, ceux-ci privilégiant la création de profil ou de groupe. La création d’un profil incite les membres à demander au musée de devenir leurs amis s’ils veulent entrer en relation avec celui-ci. La création de groupe permet une relation plus personnelle puisque elle sous entend la présence d’administrateur et la tenue de discussion.

Ce type se caractérise aussi par l’utilisation d’applications permettant d’entrer en contact avec le musée, comme le Wall qui permet aux membres de laisser des commentaires ou de poser des questions. Le musée des religions du monde illustre ce type. Il a créé un profil ce qui lui permet de tenir ses amis informés des mises à jours qu’il fait, c’est notamment par ce biais qu’il informe ses amis sur Facebook que le musée est gratuit pour eux. Sur son Wall, il demande aux membres de laisser un commentaire.

Fig 7 : Profil du musée des religions du monde  (JPG) Fig 7 : Profil du musée des religions du monde


Le musée de Wakefield à Leeds donne un autre exemple du rapprochement du musée avec son public. Un groupe a été créé pour permettre la réalisation d’une exposition portant sur la relation des habitants avec Internet. Le groupe est créé pour rassembler les habitants et recueillir leurs témoignages.

La typologie qui ressort de la représentation du musée sur Facebook doit cependant être nuancée. Si l’on regarde le profil de la Cité des Sciences on remarque que le musée crée un profil, ce qu’il le rapprocherait du type relationnel, de plus un dialogue à caractère scientifique s’est initié sur son Wall avec le Cnrs. Cependant, la page comprend de nombreux liens sur les réseaux de partage de données et d’informations. On peut voir par ailleurs que le musée a choisi d’exploiter une application qui met en valeur sa présence dans les autres réseaux.

Fig 8 : Profil de la Cité des Sciences sur Facebook  (JPG) Fig 8 : Profil de la Cité des Sciences sur Facebook


Il semble donc que certains musées comme la Cité des Sciences échappent à la typologie. Il ressort de la présence du musée sur Facebook une nouvelle approche du public. Si le musée préfère telle ou telle représentation, sa présence sur le réseau Facebook traduit une volonté de partage et même de dialogue.

La question des nouveaux rapports doit se poser en premier lieu en fonction de la représentation du musée sur Facebook et sur son site, pour ensuite permettre de caractériser la nature du lien.

L’analyse du musée de Brooklyn permet de constater la nouveauté apportée par le réseau. Le musée de Brooklyn est un des musées les plus impliqués dans le Web 2.0. Il apparaît non seulement sur Facebook mais aussi dans la plupart des réseaux de partage de données et d’informations. Cette présence est renforcée sur le site du musée par la rubrique intitulée communauté. Elle comprend des liens qui font appel à différents médias : des vidéos, de l’audio, des photos mais aussi des liens sur des blogs. Sur Facebook le musée utilise aussi des applications faisant appel à la vidéo, à l’audio et à la photo. Cependant si on examine ces applications on remarque que les informations sont différentes de celles du site du musée. Les photos et les vidéos que l’on peut voir sur le site du musée sont celles qui ont été prises par les visiteurs. Le lien fait sur Flickr nous guide vers des pages de membres du réseau Flickr.

Fig 9 : Page des photos de la rubrique Community et page sur Flickr en rapport.  (JPG) Fig 9 : Page des photos de la rubrique Community et page sur Flickr en rapport.


Les blogs qui nous sont proposés en premier sur le site sont ceux des visiteurs. Il s’avère en réalité que le musée opère des choix quant au contenu qu’il propose de voir sur sa page Facebook. Les liens mettent en jeu non plus le visiteur mais le musée lui-même. Dans l’application permettant de publier les photos sur Flickr, les photos mènent à la page que le musée a créé sur ce site et qui s’intitule Brooklyn Museum’s photostream.

Fig 10 : Application Flickr du musée de Brooklyn sur Facebook et page en rapport.  (JPG) Fig 10 : Application Flickr du musée de Brooklyn sur Facebook et page en rapport.


Concernant les blogs, celui que l’on peut lire sur la page du musée s’intitule Behind the scenes et il est alimenté par les personnels du musée. En proposant son propre contenu le musée établi une relation privilégiée avec ses fans.

On remarque par ailleurs que les informations données sur le site du musée sont aussi plus scientifiques, les liens qui sont proposés sur Del.icio.us proviennent de du New York times ou du Washington post. Alors que le site du musée vise à rassembler un large public, le réseau permet un rapport plus individualisé qui s’enrichit au fur et à mesure des liens que le musée fait sur d’autres sites. La part apportée par le musée dans le réseau s’intensifie quand le musée crée lui-même des applications.

En effet si la participation au réseau Facebook se réalise dans la création de page elle se traduit aussi par la création d’applications. Deux musées ont créé à ce jour des applications : le musée de Brooklyn et le Walker art center. L’application Artshare du musée de Brooklyn se présente sous la forme d’un diaporama qui permet de faire défiler des œuvres d’art. La volonté du musée de s’impliquer dans le réseau se traduit par le fait que l’application ne concerne pas seulement le musée. Les œuvres d’art qui composent cette application comprennent celles du Brooklyn mais aussi de nombreux autres musées comme le Metropolitan de New York, ou la Tate de Londres. De plus cette application permet aux artistes d’insérer dans le diaporama leur propre création.

Fig 11 : Application Artshare du Brooklyn museum (JPG)

Fig 11 : Application Artshare du Brooklyn museum


L’application du Walkert art est intitulée MyYard, elle entre dans la réalisation d’un projet collaboratif d’exposition du musée qui concerne l’actualité politique du pays. My Yard se réfère aux panneaux placés dans les champs et représentant les partis auxquels on adhère. Le musée propose à des artistes de réaliser ces panneaux et demande au public de choisir leurs artistes préférés. Sur Facebook l’application permet aux membres de montrer les œuvres déposées et de faire le lien avec la page du musée qui est consacrée à l’exposition.

Fig 12 : Application My Yard du Walker Art Center (JPG) Fig 12 : Application My Yard du Walker Art Center


La présence du musée dans les groupes fait apparaître une autre caractéristique de ces nouveaux rapports : la mise en place de dialogue entre les membres institutionnel et non institutionnels. Sur les groupes créés par le musée les commentaires échangés sont de l’ordre le plus souvent de la promotion ou de la volonté de connaître l’avis des visiteurs concernant les expositions qui ont lieu au musée. Comme le groupe conçu par le musée Victoria and Albert de Londres, le musée ayant posté une discussion intitulée quelle est votre galerie préférée ? Cette promotion peut cependant donner lieu à un échange comme on peut le voir dans le groupe fondé par le musée d’art contemporain de la ville de Saint Louis. Un visiteur initie une discussion en postant une vidéo qui concerne le musée. Le musée remercie le membre et l’informe que sa vidéo fait désormais l’objet d’un blog sur le site du musée lui-même. Le dialogue initié sur Facebook se poursuit sur le site du musée. L’importance des échanges se fait jour dans les groupes créés par les professionnels de musée. Le dialogue se fait alors scientifique. Il donne la possibilité à ses membres d’échanger sur la question de la place du musée dans le réseau comme en témoigne les discussions du groupe Museums on Facebook. Au sein du groupe Professional unit Accross Facebook, on assiste à des discussions portant sur la création de cartel ou la réalisation de moulage pour des os de dinosaures. De nombreuses discussions portent aussi sur le métier de conservateurs et permet aux professionnels d’échanger leurs expériences avec des étudiants.

On constate dans le réseau que la relation avec le public met en jeu le partage d’information et le dialogue. La remise en cause de la notion de public se traduit dans les termes utilisés pour désigner les membres du réseau, ce sont soit des fans soit des amis ou même des membres du groupe conçu par le musée. La relation est désormais individualisée au sein de la communauté créée par le musée. La présence du musée sur le réseau et le rapport qu’il instaure avec le public influence par ailleurs sa représentation sur le site Internet mais aussi dans le musée réel. Sur le site le musée ajoute des applications et réalise une page d’accueil qui prend l’allure d’une page sur Facebook, le musée donnant un maximum d’information sur cette page. Le musée de Brooklyn a par ailleurs lancé une expérience permettant au public de participer à la création d’une exposition photo, par l’intermédiaire des réseaux. Cette exposition intitulée Click, se déroule en trois parties. Une partie appel à participation qui concerne les artistes, une partie forum en ligne dans lequel les visiteurs évaluent les œuvres tout en faisant part de leur connaissance en art et une partie exposition. Le musée a créé un groupe sur Facebook pour inciter les membres à participer.

Ce dernier exemple va au-delà de la relation et met en jeu l’autorité même du musée, ce qui n’apparaît pas sur Facebook. Au sein de la plateforme, la relation évolue mais elle ne remet pas en question les missions du musée. Par la personnalisation le musée incite le public à venir, le réseau permet une familiarisation avec le public. De plus les échanges restes fondées sur les informations qu’elles soient à caractère promotionnel ou scientifique. Le musée garde donc son statut d’expert. La voix d’autorité du musée se fait plus douce et plus engageante, mais elle n’est pas remise en cause contrairement à d’autres outils du Web 2.0 qui mettent en jeu la fonction d’indexation du musée.


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